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Qu’est ce qu’être infirmier de réanimation ? Comment le définir ?

L’infirmier1 de réanimation est avant tout un infirmier diplômé d’État (IDE) affecté, le plus souvent à sa demande, dans un service de réanimation.  Au mieux, il aura privilégié, au décours de sa formation initiale, un parcours de formation comprenant un module optionnel centré sur l’urgence et la réanimation, ainsi qu’un ou plusieurs stages dans le domaine de la réanimation. Au pire, il n’aura eu que le parcours commun à tout étudiant infirmier, et n’aura jamais été confronté à un service de ce type. En effet, dans le programme de 1992, il existait une obligation d’effectuer au moins un stage dans les spécialités urgences, réanimation ou bloc opératoire, qui a disparu avec le référentiel de formation de 20092.

 

w L’infirmier de réanimation n’est pas un infirmier anesthésiste (Iade), même si ce dernier exerce parfois en réanimation. Sa  formation très complète, avec une spécialisation de deux ans, lui permet d’intervenir à la fois sur le champ de l’anesthésie (où exerce une grande majorité des Iade) mais également sur ceux du service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) et de la réanimation.

L’infirmier de réanimation travaille dans un service où il existe le plus souvent une grande diversité de pathologies. Chacune d’entre elles nécessite une “extrême spécialité” et c’est là tout le paradoxe de "l’art infirmier" en réanimation.

 

La réanimation va pouvoir recouvrir autant l’aspect chirurgical postopératoire que médical pur. La multiplicité des défaillances prises en charge fera de l'infirmier en réanimation à la fois un spécialiste de la ventilation artificielle, un familier des différentes possibilités de dialyse et un technicien avisé de l’assistance cardiorespiratoire (Extra Corporeal Membrane Oxygenation (ECMO), contre pulsion aortique…) ou d’une pression intracrânienne, mais également un soignant sensibilisé à l’hygiène et au raisonnement clinique. C’est l’aspect “généraliste” des soins infirmiers en réanimation avec la notion fondamentale telle que décrite dans les textes relatifs à la réanimation3 de « prise en charge de patients présentant ou susceptibles de présenter plusieurs défaillances viscérales aiguës […] » et nécessitant des technologies d’assistance et de contrôle permanent de leur efficacité et de leur efficience (ventilation mécanique, assistance circulatoire, hémodialyse…).

 

L’infirmier de réanimation ne devra pas oublier la dimension globale de la prise en soin du patient extrêmement dépendant dont le pronostic vital est parfois mis en jeu. Il devra donc associer sa compétence technique à une prise en charge attentive, soucieuse de l’évaluation du confort, de la douleur physique ou psychologique, et donc développer une compétence relationnelle accordant  également toute sa place aux proches. Le raisonnement clinique selon le modèle tri-focal comme l’ont défini T. Psiuk et A. Marchal4 est un outil parfaitement adapté aux prises en soins complexes de réanimation. L’infirmier exerçant dans ce type de service est donc un expert de ces trois champs cliniques que sont la perception des risques et des problèmes liés aux pathologies, les thérapeutiques mises en place et l’interprétation des réactions humaines du patient, qu’elles soient physiques comme une douleur ou une escarre mais aussi psychologiques, comme l’anxiété ou la peur de mourir en suffoquant, par exemple. Son rôle est essentiel lors des prélèvements d’organes réalisés chez les patients en état de mort encéphalique, mais également indispensable lors des décisions de limitations ou d’arrêt des thérapeutiques actives.

L’infirmier de réanimation peut également exercer dans le secteur pédiatrique où la complexité et la diversité des prises en charges seront tout aussi diverses, mais où se rajoutera en plus toutes les dimensions spécifiques des soins aux tout petits.

 

Main d’oeuvre infirmière en réanimation

En France, selon la circulaire DHOS de 2003 citée précédemment, on peut lire concernant les personnels infirmiers présents auprès du patient : « Au minimum, le décret prévoit 2 infirmiers pour 5 patients et un aide-soignant pour 4 patients. Les normes en personnels nécessaires au fonctionnement de l’unité de réanimation seront calculées par rapport au nombre de patients. Le calcul sera fait à partir du nombre total de lits multiplié par le taux d’occupation. La variation connue du recrutement en réanimation rend souhaitable le renforcement ponctuel de ces services par des infirmiers formés à la réanimation (pool de remplacement spécifique). »

 En Europe, depuis 1999, la Sfisi est engagée dans le processus de création de la Fédération européenne des associations d’infirmiers de réanimation (EfCCNa). Fonctionnant comme association déclarée au niveau européen, la Fédération a pour missions de rassembler les infirmiers de réanimation européens en permettant leur rencontre notamment lors de congrès, de promouvoir le savoir infirmier et d’élaborer et de diffuser des recommandations.

 Des recommandations importantes concernant_ la formation des infirmiers de réanimation en Europe et la qualité du personnel présent  dans les services5,6 ont été élaborées et font référence dans de nombreux pays européens. Il ressort de ces publications qu’un infirmier exerçant en réanimation devrait être en droit de bénéficier d’une formation spécifique après son diplôme initial. Cette formation s’articulerait autour de sciences de base comme l’anatomie, la physiologie, la pharmacologie, mais elle viserait aussi à enrichir les compétences en raisonnement clinique infirmier et en recherche en soins, pour ne citer que des grandes lignes.

 En ce qui concerne l’organisation des soins en général et le ratio soignant/patient en particulier, plusieurs études ont montré le bénéfice pour le patient que procurerait une organisation centrée sur 1 infirmier pour 1 patient. Cela sous-entend qu’il n’y a pas d’aide-soignant et que l’infirmier est l’unique soignant responsable des soins infirmiers, que ce soit des soins d’hygiène comme des soins les plus techniques, sans omettre la prise en charge de l’entourage. Cette expertise de l’infirmier de réanimation est à la fois un plus pour le patient, mais aussi une souplesse dans l’organisation des soins car le nombre et la compétence des soignants sont optimisés pour garantir un niveau de prise en charge optimale.

 

La formation des infirmiers de réanimation

Les enquêtes menées par la Fédération européenne permettent d’utiles comparaisons entre les programmes français de formation et ceux des différents pays.

 

La formation en institut de formation en soins infirmiers (Ifsi)

La situation en France est très  disparate en termes de formation infirmière en réanimation. Il n’existe pas de formation  officiellement exigible pour exercer en réanimation, mais une prise de poste réussie reste l’enjeu essentiel, à cause de la spécificité de l’exercice infirmier en réanimation. L’existence d’une telle formation peut être le socle sur lequel doit s’appuyer l’hôpital pour atteindre l’objectif de la qualité des soins optimale. Dans un contexte rendu plus difficile par la pénurie de soignants, l’intégration des nouveaux arrivants doit déboucher sur une opérationnalité rapide et efficace.

 

Un autre point important de ce constat concerne les Iade qui sont très peu à travailler en réanimation. Leur nombre reste anecdotique  au regard de la population infirmière de réanimation et souvent avec un positionnement davantage axé sur l’encadrement des soins, que sur une prise en charge au lit de la personne malade. Ainsi, les Iade exerçant en réanimation peuvent avoir des profils de postes spécifiques, en lien avec leur spécialité comme à Clermont-Ferrand ou Marseille par exemple. Les Iade en réanimation seront plus positionnés sur l’encadrement des soins avec des missions spécifiques comme la responsabilité, notamment, de la ventilation artificielle des patients et la gestion du parc de matériel, sur l’anesthésie des patients, la formation des personnels à des nouveaux matériels et la des nouveaux arrivants…

 

En réanimation, la très grande majorité des infirmiers est donc issue directement de la formation initiale.

Le programme des études en place jusqu’en 2012 (pour les étudiants entrés en formation en février 2009) forme des infirmiers  généralistes” pas forcément préparés aux exigences de l’exercice infirmier en réanimation et soins intensifs. Sur l’ensemble de la  formation qui représente 4 760 heures, seules 80 heures sont consacrées à l’urgence et à la réanimation ainsi qu’à la transfusion  sanguine, au plan théorique. Au plan pratique, il était obligatoire, depuis septembre 20017, que chaque étudiant en formation puisse faire au moins un stage en service de réanimation ou en service d’urgences (durée du stage = 140 h). Un certain nombre de  connaissances et de compétences spécifiques sont nécessaires pour qu’un infirmier soit capable de prendre en charge des patients de réanimation en assurant leur sécurité et en leur dispensant des soins de qualité. Pour répondre à ces exigences professionnelles, désormais l’étudiant peut développer un projet professionnel autour de la réanimation en effectuant plusieurs stages en secteurs  intensifs et en participant à des modules optionnels centrés sur les urgences et la réanimation. Ces enseignements approfondissent les connaissances et compétences de base.

Le nouveau référentiel_ n’a pas plus vocation que le programme précédent à former à des spécificités mais plutôt à rendre le futur professionnel apte à s’adapter à toute situation de santé. L’évolution de ce “nouveau programme” traduit bien ce principe. Les  enseignements centrés sur les urgences et la réanimation (unité d’enseignement (UE) 4.3) sont, bien sûr, toujours présents mais de façon moins spécifiques, car certains processus (traumatiques, infectieux, par exemple) sont répartis entre plusieurs autres UE. L’obligation pour les étudiants de pratiquer un stage aux urgences ou en réanimation qui existait depuis 2001, a disparu avec la mise en place du nouveau programme en 2009. Au crédit de ce nouveau référentiel, on peut signaler un temps de stage (10 semaines) beaucoup plus long et donc la possibilité pour un étudiant de développer un apprentissage beaucoup plus solide au regard des  situations rencontrées, sous la responsabilité des professionnels du terrain.

 

Ces différentes situations se heurtent également à des contraintes structurelles qui peuvent limiter les possibilités pour les étudiants. En effet, l’offre de stages est dépendante de la taille de la structure dans laquelle l’étudiant suit ses études. Les Ifsi implantés dans les   centres hospitaliers universitaires (CHU) peuvent offrir un éventail de stages dans différents types de réanimations (chirurgicale,  médicale, pédiatrique, polyvalente…) alors que les Ifsi de petite taille ou implantés dans des structures spécialisées (psychiatrie, gérontologie) pourront rencontrer plus de difficultés à offrir cette variété et donc à répondre à une demande aussi spécifique de la part d’un étudiant.

 

Ces enseignements ne peuvent donc pas satisfaire les attentes des services qui accueillent les nouveaux arrivants et particulièrement  les nouveaux diplômés. Il existe, bien entendu, un décalage entre la formation initiale qui prépare des infirmiers généralistes aptes à exercer dans l’ensemble des services auprès de tout type de personne malade rencontré à l’hôpital et les services de réanimation dont l’environnement très particulier requiert quasiment d’emblée des infirmiers au profil spécifique.

 

La formation sur site

Certains services ont adopté, depuis de nombreuses années, une formation très complète qui facilite l’intégration et la prise de poste8. L’objectif est d’assurer une qualité optimale dans la prise en charge des patients, y compris de la part des nouveaux arrivants en  réanimation.

Là encore, une très grande disparité existe entre les sites. La formation peut aller de quelques jours plutôt centrés sur l’accueil, jusqu’à des formations très complètes, pouvant durer deux mois avec un véritable projet pédagogique9. La pénurie actuelle de soignants risque de mettre à mal cette volonté des services de maintenir un niveau de qualité des soins maximale, en réduisant de plus en plus le temps consacré à la formation lors de la prise de poste.

 

La formation d’adaptation à l’emploi (FAE)

Pour pallier cette grande hétérogénéité, la Sfisi a déposé à plusieurs reprises un programme de FAE auprès du ministère de la Santé  Depuis 1990, mais ce dernier n’a jamais répondu à cette demande de formation spécifique pour les infirmiers de réanimation. En 200010, nous avons franchi un palier en éditant notre programme et en débutant une diffusion dans les services de réanimation et les Ifsi afin de promouvoir cette idée qui émane d’un programme de professionnels de terrain, la commission formation de la Sfisi.  Finalement notre demande a été prise en compte, en 2003, dans une circulaire explicative3. Dans le chapitre III sur les personnels des réanimations, les éléments suivants sont précisés : « Compte tenu de la spécificité de la prise en charge des patients admis en  Réanimation, les infirmières affectées dans ces unités doivent bénéficier d’une formation d’adaptation à l’emploi. L’effectif d’infirmières des unités de réanimation doit être suffisant pour  tenir compte de ces périodes de formation à organiser au sein des unités pour le personnel nouvellement affecté».

 

Améliorer la qualité des soins par la formation. La FAE doit permettre à l’infirmier d’exercer une pratique soignante réflexive centrée sur l’acquisition de compétences cliniques et pratiques. Favoriser un questionnement systématique doit lui permettre d’être formé de  façon spécifique dans un esprit d’intégration dans une communauté professionnelle. Cela lui permet aussi de rationaliser ses soins tant   sur le plan qualitatif que pour une démarche globale de compréhension des situations de soins. Enfin, promouvoir un programme de FAE constitue une réponse au regard de la procédure de certification V2010 de la Haute Autorité de Santé (HAS)11. En effet, celle-ci demande de définir une politique de prise en charge, d’organiser les activités des soins et d’élaborer des plans d’actions. Ces derniers doivent être conformes aux recommandations de bonnes pratiques énoncées par la HAS elle-même ou par les sociétés savantes  faisant référence.

 

Une formation pour une pratique réflexive. Dans la V2010, la HAS définit treize pratiques exigibles prioritaires (PEP) dont la plupart résonnent de manière très pertinente en réanimation.

 

Les infirmiers de réanimation sont de plus en plus sollicités pour une  pratique de soins centrée sur le questionnement. Faire évoluer sa pratique vers des soins basés sur des faits probants, apprendre à travailler en équipe pluriprofessionnelle, faire évoluer ses compétences, s’imposer comme un partenaire de soins fiable, voilà les enjeux immenses qui demandent un environnement favorable : une FAE adaptée, un tutorat formalisé et un management ambitieux.

 

La démarche d’EPP qui apparaît comme le premier critère prioritaire de la V2010 est un des points forts que la Sfisi tente de promouvoir à travers son  investissement, ses écrits et ses congrès depuis de nombreuses années. À titre d’exemple, on peut citer la participation des infirmiers à la prévention des infections nosocomiales en réanimation. Un récent rapport d’office parlementaire publié  sur le site du Sénat précise à propos des infections nosocomiales (IN)12: « Le thème des IN constitue en outre un “moteur” intéressant dans les programmes d’amélioration continue de la qualité… En d’autres termes, les IN ne constituent pas le seul ni peut-être même le principal thème à étudier en matière de qualité des soins, mais elles représentent un des meilleurs “marqueurs” pour apprécier le  niveau de qualité d’un établissement… ».

Les sociétés savantes ont produit de nombreuses recommandations sur lesquelles s’appuient les infirmiers au quotidien. Rappelons   que la Sfisi est très investie dans cette approche et a notamment participé à l’écriture des deux éditions de Réanis : Guide pour la prévention des infections nosocomiales en réanimation13. Cet ouvrage demeure une référence dans le domaine de la prévention de l’infection. De plus, il est à souligner que, suite à l’appel à projet dans le cadre du programme hospitalier de recherche infirmière (PHRI) lancé par le ministère de la Santé fin 200914, plus de quatre-vingt dossiers ont été envoyés. Quinze ont été sélectionnés et parmi eux deux projets issus des services de réanimation. Cela témoigne du fait que non seulement les infirmiers utilisent du savoir scientifique, mais qu’ils en produisent si des moyens leur sont donnés. De cette démarche de recherche et d’EPP découle une qualité des soins centrée sur la prévention du risque et la sécurité des soins au quotidien dans l’environnement complexe que représentent les services de réanimation.

 

La formation en Europe

État des lieux. Dans le cadre européen, une enquête15 a été réalisée en 2002 pour faire un état des lieux de la formation des infirmiers de réanimation en Europe. Cette étude couvrant les différents domaines des soins d’urgence et de réanimation a été conduite par la commission formation de la Fédération européenne et 17 pays ont participé: À l’exception de la Grèce et de l’Islande, tous les autres  pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Slovénie,  Suisse) proposent un certain éventail de cours de réanimation.

 

Le diplôme d’État infirmier : (Registered Nurse) est obligatoire pour suivre une formation continue en réanimation dans tous les pays. Seuls la Suède et les Pays-Bas exigent une formation spécifique pour travailler en réanimation.

 

La formation est dispensée uniquement dans les hôpitaux universitaires dans trois pays seulement: Espagne, Hongrie et Slovénie. Pour les autres pays, l’enseignement est donné dans des universités ou des structures non universitaires.

 

Les diplômes obtenus en fin de formation sont très variés : un diplôme en soins de réanimation est délivré en Norvège, Espagne,  Suède (licence), Autriche. Un diplôme d’État d’infirmière de réanimation (Registered Critical Care Nurse) est délivré en Allemagne, en Hongrie et en Suisse. Pour les autres, il s’agit d’un certificat en soins de réanimation.

 

Certains pays imposent aux infirmiers de réanimation une formation continue pour garantir, dans le temps, la qualité du diplôme  obtenu (Belgique, Italie, Espagne, Suisse).

 

L’obtention du diplôme spécifique de réanimation entraîne une augmentation de salaire dans onze pays mais la Belgique, l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie ne versent pas de salaire supérieur à leurs diplômés. En Grande-Bretagne, le diplôme aide à la promotion  et à une éventuelle augmentation de salaire.

 

Ce sont principalement les infirmiers qui enseignent aux étudiants de réanimation en Espagne, Grande- Bretagne, Islande, Norvège,  et Slovénie. Pour l’enseignement pratique, les formateurs sont les infirmiers du terrain (tuteurs, référents des unités de réanimation).

 

Pour être formateur en réanimation, il faut un diplôme spécifique en pédagogie. Enfin, au moment de l’enquête, trois pays  développaient un Master en soins de réanimation : l’Allemagne, la Grèce et l’Italie. Depuis, d’autres pays (Grande-Bretagne, Espagne)  ont rejoint cette démarche afin de poursuivre le développement d’une filière spécifique à la réanimation.

 

 

Recommandations pour la formation d’infirmier de réanimation en Europe.

Il existe des recommandations au niveau international : Il s’agit de la Déclaration de Madrid sur les études d’infirmier de réanimation.  Elle a été acceptée universellement par les infirmiers de réanimation en 199316. La Fédération européenne des associations d’infirmiers de réanimation a publié en septembre 2004 des recommandations européennes pour la formation des infirmiers de réanimation, qui nous permettent d’établir des règles minimales pour élaborer un guide de formation en France.

 

Ce texte révisé par la Fédération européenne reprend les principes fondamentaux de la Déclaration de Madrid en développant certains points de façon plus spécifiques, tels que :

  • L’intégration de cette formation dans un système de crédits capitalisables de formation européenne (ECTS ou European Credit Transfer System)17 ;
  • Le rappel de la nécessité d’inclure les notions de qualité des soins et des méthodes de recherche (incluant notamment la notion de pratique basée sur des preuves) ;
  • La notion de tuteur dans la formation est essentielle (la Sfisi dans la FAE a largement développé cet aspect indispensable pour la réussite de la formation) ;

 

En outre, selon les accords de Bologne, tous les états membres de l’Europe doivent avoir aligné en 2010 le contenu et la validation de  chaque formation conduisant à un diplôme professionnel ou non, ceci afin de permettre la libre circulation des personnes, étudiants,  salariés y compris des infirmiers exerçant en réanimation ou en soins intensifs. Chaque nation s’est engagée dans un programme de modernisation sociale, notamment par le biais de la VAE (validation des acquis de l’expérience) pour faciliter l’accès à la formation et/ou l’obtention de diplômes professionnels. Pour cela, le référentiel d’activités18 de chaque métier a été élaboré. Il devient donc  nécessaire de construire le référentiel des activités concernant le métier d’infirmier en réanimation et en soins intensifs, de la même façon que celui de l’infirmier “généraliste”. Ce référentiel métier permettrait la mise en valeur de la spécificité de l’exercice infirmier dans ce lieu et devrait permettre à cet infirmier d’accéder plus facilement, par le biais de la VAE, à des spécialisations infirmières ou des formations complémentaires. En 2003, le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe a élaboré un programme de formation continue de soins de réanimation19 qui se construit autour de 7 modules équivalents à 60 ECTS (European  Credits Transfer System) et 1 200 heures de formation. Ce schéma rentre parfaitement dans la logique actuelle de formation tout au long de la vie qui doit permettre de valoriser les carrières et les exercices professionnels des infirmiers. Ce programme permet d’acquérir des connaissances et des compétences dans un domaine spécifique qui n’est pas acquis en formation initiale. Il ne s’agit pas ici d’une nouvelle spécialisation mais bien d’une spécificité attachée à la particularité de l’exercice infirmier en réanimation.

 

 

La notion de compétence

L'exercice de la profession d'infirmier en service de réanimation requiert une réelle expertise. Celle-ci vient se construire sur le socle de la formation initiale dispensée en institut de formation et à l'université. Cependant, c'est l'expérience issue d'une présence cli- nique quotidienne qui apporte une réelle plus-value soignante au service d'une prise en soins de qualité dans l'environnement particulier de la réanimation.

 

Le contexte particulier de la réanimation

On attend d'un infirmier de réanimation

qu'il ne soit pas un simple exécutant, mais un professionnel capable de s'inscrire dans une équipe polyvalente, disposant d'une large autonomie et ayant le pouvoir de s'auto-organiser. La compétence se définit comme un savoir intégré et intelligent que l'on pourrait aussi qualifier de savoir agir. Ainsi, les compétences attendues d'un infirmier de réanimation se traduisent par :

- une contextualisation, une individualisation permanente des actions de soins ;

- une appropriation des soins ou des processus de soins et une maîtrise de leur portée20.

 

L'art infirmier est ainsi défini comme une pratique artisanale qui requiert non pas l'application de connaissances générales à une personne en particulier, mais bien l'appropriation, par une démarche singulière,de connaissances et d'habiletés afin qu'elles soient porteuses de sens et de projet pour le patient hospitalisé21. Cette démarche sollicite la capacité d'inférence des infirmiers, c'est-à-dire à leur aptitude à faire des liens pour s'imprégner d'une situation de soins et en comprendre les composantes qui interagissent. Ce champ de connaissances comporte des éléments issus de l'analyse de leur expérience, de données scientifiques, de théories diverses22. Le professionnalisme des infirmiers de réanimation repose donc sur une capacité à établir des liens de façon éclairée dans un environnement complexe. Il peut aussi se définir comme la capacité d'exécuter le prescrit, mais également comme celle d'aller au-delà du prescrit23.Il apparaît ainsi que l'expérience, envisagée comme une construction solide, et élaborée au-dessus du socle de formation initiale, est une réelle plus-value au service du patient hospitalisé en réanimation et de ses proches.

Dans un contexte d'important turn-over, il nous apparaît important que la richesse de cette expérience soit prise en compte et valorisée. C'est le gage de sa qualité et de sa pérennité.

Faire face à la complexité

Les services de réanimation représentent un environnement professionnel à la fois complexe et extrêmement labile. Il est d'ailleurs impossible d'en prévoir toutes les situations afin d'anticiper les soins de manière systématique et probablement illusoire de penser pouvoir intégrer un savoir global permettant de maîtriser cet environnement. L'infirmier de réanimation doit plutôt enrichir ses connaissances, son savoir-faire afin d'apprivoiser chaque situation rencontrée. Être compétent, c'est pouvoir être « l'homme de la situation » face à l'indéterminé et l'imprévu. Ce processus d'intégration qui combine savoir, analyse de pratique, recherche du meilleur soin pour une situation donnée ne peut se faire que grâce à une réelle politique de formation continue validante et validée par les sociétés savantes infirmières et médicales. À ce jour, cette dynamique existe, notamment grâce aux Journées d'Enseignement Supérieur Infirmier de Réanimation Adulte et Pédiatrique organisées par la Société Française des Infirmiers de Soins Intensifs, à des diplômes universitaires (DU) spécifiques (ventilation mécanique, réanimation, etc.). Malheureusement, la non reconnaissance réelle, et notamment pécuniaire, de cette implication spécifique des infirmiers de réanimation au service d'une prise en soins de plus en plus complexe, n'incite pas les professionnels à main- tenir leur activité dans cet environnement extrêmement prenant. Cela contribue tout au plus à un enrichissement de savoir personnel ponctuel au détriment d'une véritable dynamique d'évolution des pratiques soignantes.

 

Un processus de professionnalisation

Même après le cursus de formation d'adaptation à l'emploi précédemment décrit, il apparaît essentiel d'élaborer un parcours d'évolution des compétences au fil de l'exercice professionnel de l'infirmier de réanimation. Des critères graduels sont retrouvés dans la littérature24. Ils correspondent à des niveaux d'autonomie, à une aptitude de l'infirmier à gérer ses limites à un moment donné.

 

Ainsi, dans une unité de réanimation, il est important que se côtoient des infirmiers à différents stades de leur évolution professionnelle. Cette dynamique ne peut être entretenue qu'en valorisant l'expérience des plus compétents et en incitant les autres à parfaire la construction de leur patrimoine individuel de compétences. Le professionnel peut cependant, selon certains auteurs25, présenter deux attitudes nuisibles au maintien de ses compétences :

« - La routine : l'individu a su pendant un moment, apporter des mesures correctives à une situation, une adaptation à sa pratique qui a donné des résultats satisfaisants [¼] La conscience professionnelle impose une remise en question qui demande d'interroger continuellement sa pratique [¼] Il se sert donc seulement de ses acquis expérientiels et tient pour "ficelle" ou "recette" des attitudes professionnelles qui finissent par se rigidifier jusqu'à devenir de l'incompétence à cause de l'absence de micros adaptations. »

« - L'incompétence par lacunes de connaissances professionnelles : une compétence s'appuie nécessairement sur des savoirs savants, et dans les sciences des soins, plus que jamais. Le soin est une activité sur le vivant, il est donc sujet à évolution. L'évolution du matériel, des connaissances, le changement des choix d'actions pour certains soins doivent pousser à l'actualisation des compétences. »

 

Cet enjeu de la professionnalisation est donc primordial, non pas en tant qu'acquisition de toujours plus de connaissances théoriques indispensables mais bien dans l'objectif d'améliorer la capa- cité du professionnel à s'interroger sur sa pratique et son niveau de compétence. Il s'agit de l'attitude réflexive que tout soignant doit adopter au regard de sa pratique soignante.

 

Le savoir spécifique de l'infirmier de réanimation

Existe-t-il un savoir infirmier en réanimation, issu d'études promues par des infirmiers ? Le cas échéant existe-t-il une structuration au sein du système de soins français pour favoriser la recherche clinique en soins infirmiers? La réponse à ces questions semble à la fois simple et complexe.

 

Les notions de recherche en soins et d'Evidence Based Nursing

Les présentations de résultats de recherches infirmières menées par des infirmières de réanimation lors des congrès, notamment ceux organisés par la Sfisi depuis de nombreuses années, ont prouvé l'existence et la vivacité de cette discipline.

Cependant, la recherche infirmière en France n'est pas franchement structurée, ni vraiment diffusée à l'échelle nationale et européenne, même si le ministère de la Santé a lancé le premier programme hospitalier de recherche infirmière (PHRI) en fin d'année dernière. Pourtant, comme le précise Christophe Debout26 dans un numéro de la revue Soins consacré à la recherche en soins infirmiers, « le développement de la recherche infirmière devient plus que jamais nécessaire pour légitimer la discipline. Nous devons œuvrer pour réunir les facteurs externes, mais aussi internes à notre groupe professionnel pour qu'il puisse adopter les comportements caractéristiques d'une communauté scientifique ». L'enjeu est donc colossal. La profession infirmière a besoin de cette visibilité scientifique pour être reconnue. Néanmoins, cette recherche fait souvent peur aux infirmières. Dans un article de la revue Recherche en soins infirmiers, les auteurs27 précisent les obstacles à l'utilisation des preuves scientifiques dans la pratique infirmière : « Les principales barrières seraient le temps, la pénurie de ressources,le manque de communication, l'accès limité aux revues scientifiques et la faible diffusion des résultats de recherche pertinents [¼].Toutefois, le manque d'expérience dans le domaine de la recherche resterait un des facteurs les plus contraignants [¼]. Parmi les autres obstacles les plus fréquemment cités, on retrouve le manque d'autonomie des infirmières et leurs difficultés à modifier des pratiques de soins qui impliquent d'autres partenaires professionnels. Bien qu'il ne faille pas sous-estimer l'importance de ces obstacles, l'adoption et l'intégration d'une approche scientifique devraient éventuellement les transformer en opportunités de changement puisque les infirmières seront mieux outillées pour gérer leur temps, être efficaces dans la recherche de solutions,prendre une part active au processus décisionnel et par le fait même, acquérir un plus grand degré d'autonomie dans les soins qu'elles prodiguent aux personnes ».

 

Anne-Marie Pronost28, infirmière, docteur en psychologie sociale et du développement, évoque les enjeux de la recherche en soins infirmiers : « Dans tous les cas, la recherche doit favoriser une amélioration des pratiques, afin de faire progresser l'efficacité des soins infirmiers, notamment avec des pratiques basées sur des données probantes (Evidence Based Nursing) ».

 

L'évolution récente des textes législatifs relatifs à la profession et les réformes en cours crée les conditions d'une évolution vers cette rigueur scientifique qui nous fait encore défaut. On peut citer à titre d'exemple la création de l'Ordre National des Infirmiers (Loi du 21 décembre 2006), la réforme des études avec l'universitarisation sur le modèle Licence/Master/Doctorat ou bien encore, la mise en place, à moyen terme, d'une évaluation des pratiques professionnelles infirmières mais surtout la mise en œuvre, depuis l'année 2009, du programme hospitalier de recherche infirmière.

Il existe un engouement récent autour de l'Evidence Based Nursing, alors que cette pratique n'est pas nouvelle. Avant d'être reprise par d'autres disciplines, dont les sciences infirmières, cette démarche était initialement médicale. L'Evidence Based Medecine (EBM) est apparue dans les années 1980, sous l'influence d'Archibald Leman Cochrane, épidémiologiste de l'Université canadienne Mac Master en Ontario.

 

David Lawrence Sackett et ses collègues29 définissent l'EBM comme « l'utilisation consciencieuse, formelle et judicieuse des meilleurs preuves scientifiques dans les prises de décisions dans les soins de chaque patient. Cette pratique est censée combiner l'expertise clinique individuelle aux meilleurs preuves provenant de revues systématiques ».

 

Plus récemment, des définitions pour la pratique infirmière sont venues préciser les choses et l'on parle désormais d'Evidence Based Nursing30 ou soins infirmiers basés sur des données probantes.

Pour synthétiser cette réflexion, l'on peut reprendre la définition de F. Ducharme citée par Anne-Marie Pronost31 : « la pratique basée sur des données probantes est un modèle de prise de décisions qui repose sur des données empiriques issues de la recherche, mais aussi sur l'expertise clinique, les préférences et les volontés des patients, ainsi que les ressources disponibles dans les milieux de soins ».

 

Dans un article de la revue Recherche en soins infirmiers cité précédemment8, les auteurs proposent une syn thèse des différentes étapes du processus :

- Étape 1 : évaluation du besoin de changement d'intervention.

- Étape 2 : formulation d'une question précise.

- Étape 3: recherche efficace des écrits scientifiques.

- Étape 4: analyse critique de ces écrits scientifiques.

- Étape 5 : prise de décision et mise en œuvre de cette décision (change- ment).

- Étape 6: évaluation du résultat obtenu avec le changement implanté.

- Étape 7 : diffusion des résultats.

 

Une pratique basée sur des données probantes

« Personne, même un médecin, ne donne jamais d'autre définition de ce que devrait être une infirmière que celle-ci : dévouée et obéissante. Cette définition conviendrait tout aussi bien à une concierge. Elle pourrait même aller à une jument »32. Florence Nightingale ne reconnaîtrait probablement pas ses collègues françaises d'aujourd'hui, mais se retrouverait sûrement dans leurs aspirations à exercer une profession de plus en plus complexe avec des gages de qualité normés et reconnus. L'infirmier doit s'intégrer dans une dynamique de prise en soins interdisciplinaire où ses partenaires sont formés à l'utilisation de pratiques basées sur des données probantes.

 

La recherche au quotidien. Dans les unités de réanimation, toute interrogation concernant une pratique de soins pourrait être traitée de manière scientifique et intégrée dans une démarche de recherche clinique. Sou- vent, l'infirmier se sent loin de toute idée d'analyse scientifique des problématiques de soins qu'il rencontre et quand bien même la démarche est initiée, le processus aboutit le plus souvent à l'écriture d'une procédure ou d'un protocole. Cela permet, certes, d'apporter des réponses susceptibles d'améliorer la qualité globale des soins, mais le fruit du travail de recherche ne profite généralement qu'aux soignants du service, comme si un partage universel de ces données probantes semblait une finalité trop utopique pour qu'elle puisse même être évoquée. Il est vrai que pour un chercheur, publier un article scientifique, c'est à la fois avoir l'ambition de réellement faire avancer les pratiques de soins, mais c'est aussi encourir la critique de ses pairs tant sur la méthodologie que sur les données recueillies et leur traitement33.

 

La première étape d'une recherche reste le questionnement, l'interrogation quant à la validité d'une pratique de soins. Cette problématique initiale est issue à la fois du regard critique que porte un infirmier sur sa pratique mais aussi de l'inconfort que suscite le manque de justification scientifique de cette pratique.

 

Il faut ensuite vérifier si le sujet de cette recherche a déjà été traité et si des résultats sont déjà publiés. À ce stade, la démarche de recherche peut s'interrompre mais les réponses trouvées viennent soit valider une pratique de soins, soit la modifier sur des critères argumentés et validés scientifiquement. Ces résultats participent ainsi à l'enrichissement d'un savoir collectif rigoureux s'appuyant sur des données probantes. Cette revue de la bibliographie est une étape majeure même si elle est une véritable épreuve pour les infirmiers francophones. En effet, la majeure partie des publications, éditées ou en ligne, sont en anglais qui reste la langue véhiculaire du savoir scientifique. Ainsi, en réanimation comme ailleurs, chaque protocole de soins, chaque procédure devrait trouver un fondement scientifique qui les valide car la démarche continue de l'amélioration de la qualité des soins dispensés par les infirmiers passe par cette analyse des pratiques professionnelles. De cette façon, s'imprégner d'une démarche de recherche n'implique pas forcément la conduite d'un projet global, du questionnement initial jusqu'à la validation ou non de l'hypothèse de départ. Cela peut simplement se résumer à calquer ses pratiques en fonction des recommandations issues des recherches abouties, car il faut être réaliste et se replacer dans le contexte d'un service de réanimation : l'infirmier est pris par une activité clinique qui occupe tout son temps, monopolise toute son énergie et motive chacune de ses actions. De plus, conduire une recherche nécessite un soutien multiple des partenaires de soins du service, de la Direction des soins et de la Direction de la recherche de l'institution car le projet de recherche doit être fédérateur et apporter une plus-value pour les patients, les soignants et pour la structure de soins en général34.

 

L'inscription du cursus de formation des infirmiers dans une filière universitaire va probablement être une aide considérable puisqu'elle aura pour corollaires la démythification de la démarche de recherche et l'enrichissement du patrimoine scientifique infirmier pour le travail de fin d'étude du Diplôme d'État comme pour les futurs travaux de recherche des Masters et Doctorats. Quel infirmier de réanimation ne souhaiterait pas voir sa technique d'aspiration endorachéale validée par la revue de bibliographie exhaustive d'un étudiant infirmier en fin de formation ? Ou encore, quels services de réanimation ne souhaite- raient pas avoir en référence des travaux de recherche plus complets sur des sujets tels que l'accueil des familles 24 heures sur 24 ou bien la présence des proches durant une réanimation cardio-respiratoire? Outre le réel bénéfice pour la prise en soins des patients de réanimation, cette organisation favoriserait une fidélisation des soignants dans la discipline et permettrait à un infirmier d'apporter sa contribution, au cours de sa carrière, en s'impliquant dans une démarche de recherche plus aboutie, dans le cadre d'une formation diplômante reconnue.

 

La recherche et les compétences. La compétence de l'infirmier de réanimation lui permet d'assumer un rôle de partenaire au sein d'une équipe interdisciplinaire, mais sa liberté de raisonnement clinique et de décision de soins est conditionnée par sa compréhension et sa maîtrise de l'approche globale des problèmes de santé des patients. Ainsi, les niveaux de jugement clinique de chaque professionnel de santé peuvent se définir à travers trois domaines connexes : les complications potentielles liées à la pathologie, les risques inhérents aux effets secondaires des thérapeutiques mises en œuvre et les réactions humaines physiques et psychologiques liées à ce problème de santé35. Pour l'infirmier, la perception de cette entité plurielle du patient passe par une intégration de compétences vastes qui ne peuvent se développer et s'enrichir qu'à travers une actualisation permanente de ses connaissances à partir des concepts issus de recherches en sciences médicales, humaines et cognitives.

 

En regard de signes cliniques qu'il voit et analyse, l'infirmier peut réajuster ses actions, mais cette adaptation de ses soins à une situation donnée ne peut se faire que dans le cadre de ses propres références. Celles-ci sont, bien sûr, issues de sa formation, de son parcours professionnel, mais également d'une culture imprégnée de l'histoire de la profession avec ses lents cheminements et ses récentes révolutions portées par des théoriciens de plus en plus en accessibles.

 

Pour reprendre la catégorisation de Patricia Benner en l'extrapolant vers les notions d'Evidence Based Nursing, l'infirmier compétent est l'un des garants de la conformité des pratiques d'une équipe. Il assure des prises en soins de qualité, mais sa créativité soignante se limite aux références d'une culture définie portée par des données locales apprises et testées. Quant à l'infirmier expert, il est capable d'innovation, d'argumentation pour un changement des pratiques. Ces références sont actualisées et validées par les recherches scientifiques et notamment en soins infirmiers. Son statut d'infirmier expert lui permet d'importer des références nouvelles et de favoriser leur appropriation par ses pairs. À ce titre, la créativité et l'évaluation des pratiques professionnelles portée par la recherche scientifique sont des vecteurs majeurs de la qualité des soins, en réanimation comme ailleurs.

 

Le  transfert de compétence, une solution pour la réanimation ?

 

Selon Guy Isambart, « le transfert de compétences signifie que des compétences, des actes vont être confiés à d'autres personnes qui ne les réalisaient pas »36.

Les champs du transfert

Le terme "transfert de compétences" n'est pas repris dans les textes législatifs. Ceux-ci utilisent les termes de "coopération entre les professions de santé", ce qui implique un autre point de vue. Il s'agit de re-répartir les activités soignantes entre les professionnels de santé et, de ce fait, et de ce fait seulement, faire en sorte qu'ils acquièrent les compétences qui vont avec.

 

La "nuance" entre transfert d'actes (ou de tâches) et transfert de compétences est importante : dans le premier cas, il s'agit d'actes stricto sensu, inscrits dans une stricte logique d'exécution ; dans le second cas, il s'agit d'une compétence encadrée avec un raisonne- ment clinique,un processus décisionnel débouchant sur un acte. Le cas de la consultation infirmière en est la parfaite illustration. En effet, cette consultation n'est pas un acte médical transféré, c'est la naissance d'une nouvelle compétence infirmière. Le cas du renouvellement d'une prescription dans le cadre d'une maladie chronique est un transfert d'acte.

 

Cette réflexion, tout comme l'expérimentation qui en découle, s'inscrivent à la fois dans le cadre de la régularisation de pratiques qui existent, de fait, sur le terrain, mais également dans la gestion prospective d'une pénurie de certaines catégories de soignants et notamment de médecins, obligeant à une redistribution des activités, dans certaines conditions, à d'autres professionnels.

Ces expériences de transfert s'exercent notamment dans des secteurs très déterminés et précis comme ceux des maladies chroniques en général et de la diabétologie en particulier et parfois même des pathologies ou des types de patients très précis : suivi de patients atteints d'une hépatite C, par exemple.

 

Quelle application en réanimation ?

Au vu de la complexité des prises en charge en réanimation, de la gravité des patients admis, de la multiplicité des disciplines et des pathologies, il parait difficile d'imaginer qu'un tel transfert de compétences puisse y être instauré. Pour être opérant, il devrait soit concerner un domaine extrêmement précis, soit être transversal et pouvoir s'appliquer à la plupart des patients de réanimation.

 

Par ailleurs, la collaboration avec l'équipe médicale, indispensable pour le patient, se fait à travers l'utilisation rationnelle d'algorithmes décisionnels qui permettent une autonomisation de l'exercice infirmier. Certains traitements, tels la gestion de la sédation, la gestion des catécholamines ou le sevrage de la ventilation mécanique relèvent déjà de ces procédures. Cette collaboration s'appuie sur l'expertise clinique infirmière et est complémentaire de l'exercice du rôle propre infirmier. Enrichie par la connaissance  et la formation, elle permettra une réelle prise en charge pluridisciplinaire.

Quel serait le sens d'un seul "transfert d'actes" qui ne servirait qu'à décharger le corps médical de certains actes dont ils ne pourraient ou ne souhaiteraient plus assumer la charge ? Les infirmiers de réanimation doivent plutôt mettre en avant leur expertise clinique infirmière associée à la polyvalence de leurs connaissances et de leurs pratiques, pour valoriser leur exercice professionnel et se positionner comme des partenaires de soins fiables et efficaces.

 

Que préconise La Sfisi ?

 

Pour développer et faire reconnaître l'expertise infirmière en réanimation, la Société Française des Infirmiers de Soins Intensifs avance un certain nombre de propositions en matière de formation.

 

L'obligation de formation

Il est évident, pour tout infirmier de réanimation, que la formation initiale ne peut permettre à elle seule l'acquisition des compétences spécifiques indispensables à un exercice professionnel autonome en toute circonstance. Il est important d'y adjoindre une formation complémentaire à l'arrivée dans le service. Celle-ci permet de reprendre les notions indispensables et d'y adjoindre les notions spécifiques directement utiles à la compréhension des situations de soins et à la prise en charge des patients. Cette formation d'adaptation à l'emploi est reconnue désormais dans les textes législatifs, et elle a été déclinée, par la société française des infirmiers de soins intensifs, pour servir de base à l'uniformisation de l'accompagnement des nouveaux infirmiers en réanimation.

 

Toutefois, la formation à l'arrivée en réanimation ne peut constituer une fin en soi. Elle doit s'accompagner de compléments réguliers permettant d'éclairer les connaissances cliniques et techniques acquises sur le terrain.

 

Ce n'est que par la juxtaposition de ces deux parcours d'acquisition de connaissances que le savoir infirmier de réanimation permettra réellement le développement de compétences telles que définies plus avant. Cette formation ne peut se concevoir que comme étant obligatoire, non pas parce que l'infirmier cherche à l'éviter, mais dans le souci de contraindre les institutions à inclure ces processus pédagogiques dans le parcours des infirmiers de réanimation. Elle peut être déclinée en plusieurs modules, que l'infirmier peut suivre successivement, et qui doivent reprendre l'ensemble des compétences utiles aux soins en réanimation. Ces modules doivent s'appuyer sur l'expérience acquise des soignants pour la compléter par des connaissances théoriques adaptées.

 

Une expertise acquise et validée

Pour faire pleinement sens, la démarche que l'infirmier de réanimation élabore et met en œuvre pour l'amélioration continue de ses connaissances et de sa pratique doit être évaluée. En effet, le seul souci de bien faire ne conduit pas toujours au choix des meilleures solutions possibles pour le patient. Cette recherche du meilleur niveau de preuves confrontée à la pratique professionnelle se traduit par l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP), inscrite depuis le début des années 2000 dans le processus de l'accréditation devenu aujourd'hui la certification V2010. Selon Ljiljana Jovic, directrice des soins et conseillère technique régionale à l'agence régionale de santé d'Île-de-France, cette évaluation « introduit une nouvelle dynamique plus systématique de mesure par l'évaluation, de l'écart entre la pratique et les recommandations, et la mise en place d'actions d'amélioration continue »37.

L'EPP donne la possibilité « aux praticiens, particulièrement à ceux qui ne sont pas cliniciens-chercheurs, d'utiliser concrètement, dans leur pratique, les connaissances issues de la recherche et de poser des questions à partir de la pratique clinique. Le bénéfice du service rendu au patient est évalué. De plus, on attribue une place importante aux aspects qualitatifs et aux informations contextuelles fournies par le patient. Sa parole et la prise en compte du contexte ouvrent la voie à la compréhension et au sens »38.

 

Ce processus, loin de s'éloigner de la pratique, se veut complètement pragmatique, même si certains éléments pour les infirmiers, tels que les habitudes de lecture d'ouvrages et d'articles dans les revues professionnelles ou encore l'accès aux travaux publiés et leur analyse critique, font encore obstacles à cette approche plus systématisée.

L'intérêt et les bénéfices sont directs pour les infirmiers, en termes de développement des compétences professionnelles et pour les patients, en ter- mes de qualité du service attendu et rendu. « Des études ont rapporté que les patients qui recevaient des soins infirmiers basés sur des données scientifiques montraient des progrès assez considérables dans leurs comportements, leurs résultats physiologiques et psychologiques, comparativement aux sujets recevant des soins infirmiers habituels »21.

 

Une reconnaissance fondée sur La combinaison de la formation et de l'expertise

Le statut de l'infirmier de réanimation n'est pas différent de celui travaillant dans n'importe quel service de médecine ou de chirurgie. Néanmoins, dans un service de réanimation, la difficulté d'adaptation, la pénibilité de l'exercice professionnel, le turn-over important des infirmiers sont des constats avérés et illustrés par de nombreuses études. La législation ne permet pas, cependant, de prendre en compte cette pénibilité et de la valoriser financière- ment. Les bonifications indiciaires accordées actuellement sont liées à la pratique exclusive de la circulation extracorporelle, à l'exercice auprès des personnes âgées ayant perdu leur autonomie, ou à une spécialisation (Iade, Ibode, puéricultrices,¼). Les infirmiers de réanimation sont la plupart du temps exclus de ces bonifications.

 

D'autre part, le contexte même des services de réanimation ainsi que l'acquisition et la mise en œuvre de l'en- semble des compétences évoquées précédemment pourraient justifier largement la valorisation statutaire et financière de l'investissement nécessaire à les acquérir. Ce statut spécifique d'infirmier de réanimation devrait permettre une valorisation en relation avec l'expérience acquise et une formation validée.

L'acquisition d'unités de compétence pourrait se faire sur le modèle des Masters en pratique clinique avancée tels qu'ils ont été créés à l'École des hautes études en santé publique de Rennes en 2009.

 

Dans un domaine d'activité spécifique, comme la réanimation, les infirmiers en pratiques avancées pourraient être capables de dispenser des soins experts dans le champ infirmier, d'en- cadrer les nouveaux professionnels, d'élaborer des procédures de soins centrées sur l'Evidence Based Nursing et de coordonner la recherche en lien avec les universités.

 

Une réévaluation financière liée à une reconnaissance graduée des compétences permettrait de valoriser l'expertise clinique, les connaissances théoriques spécifiques, mais aussi de fidéliser des soignants très attachés à ce type d'exercice professionnel, mais qui quittent les services de réanimation, faute de possibilité d'évolution

 

Conclusion

En définitive, donner une définition de  l'infirmier de réanimation, cerner ses compétences et expliquer ses missions n'est pas si aisé. La réanimation reste un univers spécifique où les interactions entre les soignants et leur environnement sont permanentes. L'implication demandée et la diversité des situations de soins rencontrées façonnent l'évolution des compétences infirmières de manière marquée.

 

L'infirmier de réanimation est un soignant généraliste qui, immergé dans un univers complexe, a appris à décrypter chaque signe afin d'anticiper et de délivrer le soin le plus adapté au meilleur moment. Il est un expert clinique qui maîtrise les moyens mis à sa disposition pour être efficient en toute circonstance. Son évolution, en termes de compétence repose sur une appréhension globale de son environnement et sur des compétences avant tout centrées sur le raisonnement clinique et une attitude réflexive au quotidien. Même si rien n'existe pour le moment, nous devons être persuadés que l'universitarisation de notre profession va nous permettre de porter, à moyen terme, un regard plus approfondi sur la spécificité de l'exercice professionnel en réanimation. Nos collègues européens nous ont, pour la plupart, devancé : ils sont structurés en associations représentatives, s'impliquent dans leur discipline et produisent du savoir grâce à une recherche active, et ils communiquent. Nous pensons que ce qui était peut-être une utopie il y a quelque temps, se cristallise en un objectif tangible.

 

Nous devons nous-mêmes être persuadés de la spécificité de notre exercice pour faire évoluer notre discipline au profit des patients accueillis dans les services où nous œuvrons. Des moyens nous sont donnés : l'accessibilité à un parcours universitaire, des associations professionnelles actives, un programme de recherche infirmière¼ il faut nous en saisir pour le bénéfice du soin en réanimation.

 

Notes et Références

1 -      Lire partout infirmier/infirmière.

2 -      Le référentiel de formation : annexe III de l’arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État d’infirmier (JO du 7 août 2009).

3 -      Circulaire N° DHOS/SDO/2003/413 du 27 août 2003 relative aux établissements de santé publics et privés pratiquant la réanimation, les soins intensifs et la surveillance continue. Cette circulaire commente les décrets n°2002-465 et 2002-466 du 5 avril 2002 relatifs à la réanimation, aux soins intensifs et à la surveillance continue.

4 -      Marchal A., Psiuk T. La démarche clinique de l’infirmière. Seli Arslan, 2ème édition révisée, 2010, 188 p. Cet ouvrage a été publié en 2002 sous le titre, Le paradigme de la discipline infirmière en France, chez le même éditeur.

5 -      http://www.efccna.org/downloads/Position%20statement%20on%20education%20EfCCNa.pdf

6 -      http://www.efccna.org/downloads/Position%20Statement%20Workforce%20EfCCNa%202007.pdf

7 -      Arrêté du 28 septembre 2001 modifiant l’arrêté du 23 mars 1992 modifié relatif au programme des études conduisant au diplôme d’État d’infirmier.

8 -      Voir à ce titre les exemples cités dans la présentation de la Sfisi lors des Journées d’enseignement supérieur infirmier de réanimation (JESIR) 2002 : Daniel Benlahouès, Formation des infirmier(e)s en réanimation : De l’Ifsi à la formation sur site en passant par la  formation d’adaptation à l’Emploi in Troubles hydroélectrolytiques, acidobasiques et métaboliques, Sauramps Médical, 2002.

9 -      Aucune étude rétrospective ne recense précisément le nombre de service qui réalise une formation mais, selon la Sfisi et son réseau  tissé sur un très grand nombre de services de réanimations françaises, la plupart des unités aujourd’hui en France forment les infirmiers au moment de leur prise de poste.

10 -  Sfisi. Programme de la formation d’adaptation à l’emploi en réanimation. Paris 2000.

Disponible en ligne sur le site de la Sfisi ou sur demande au siège de la Sfisi.

11 -  Manuel de certification disponible sur http://www.has-sante.fr

12 -  Voir http://www.senat.fr/rap/r05-421/r05-42118.html.

13 -  de qualité des soins hospitaliers

14 -  Réanis : Guide pour la prévention des infections nosocomiales en réanimation, 2e édition, GlaxoWellcome, 1999.

15 -  http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG/pdf/circulaire_299_280909-2.pdf

16 -  Baktoft Birte and the education committee, A survey of critical care nursing education in Europe,2002, Connect ; 5(3) : 85-87

17 -  World Congress of Critical Care Medecine. Declaration of Madrid on the preparation of critical care nurses (1993) Australian Critical Care ; 6 (2):24

18 -  Bologna Declaration 1999 (Joint Declaration of the European ministers of education). The European higher education area.

19 -  Le référentiel d’activités pour les infirmiers a été élaboré en 2009 dans le cadre de la réingénierie. du D.E. d’infirmier. Il s’agit de l’annexe I de l’arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État.

20 -  http://www.euro.who.int/_data/assets/pdf_file/0017/102266/e81552.pdf

21 -  Le Boterf G. L'ingénierie des compétences. Éditions d'Organisation, 1998 : 68.

22 -  Hesbeen W. Prendre soin à l'hôpital. Inter Éditions, 1997 : 94.

23 -  Ibidem, p. 102.

24 -  Le Boterf G. Construire les compétences individuelles et collectives. Éditions d'Organisation, 2000 ; 18.

25 -  Benner P. De novice à expert. InterEditions, 1995 ; 253.

26 -  Durand C. De novice à expert : le processus de professionnalisation (2e partie). Disponible sur www. cadredesante.com.

27 -  Debout C. La recherche en soins infirmiers - Légitimer la discipline. Soins 2007 ; 717 : 29.

28 -  Goulet C et al. La pratique basée sur des faits probants. Recherche en soins infirmiers 2004 ; 76 : 12-18 .

29 -  Pronost A-M. Introduction à la recherche en sciences infirmières. Soins 2007 ; 717 : 41-43.

30 -  Sackett DL, Rosengerg WMC, Gray JAM, et al. Evidence-based medecine : What it is and what it isn't. BMJ 1996 ; 312 : 71-72.

31 -  Ingersoll GL. Evidence based-nursing : What it is and what it isn't. Nursing Outlook 2000 ; 48(4) : 151-152.

32 -  Ibid. 15.

33 -  Nightingale F. Notes on nursing : What it is and is not. Churchill Livingstone, 1940.

34 -  Formarier M. Les publications scientifiques. Recherche en soins Infirmiers 2007 ; 90 : 3.

35 -  Ripoche S, Lambrich C. La recherche clinique : intérêts et difficultés dans la pratique des soins. Recherche en Soins Infirmiers 2007 ; 90 : 15-18.

36 -  Marchal A, Psiuk T. Le paradigme de la discipline infirmière en France. Éditions Seli Arslan, 2002.

37 -  Isambart G. Coopérations interprofessionnelles.

38 -  Disponible sur http ://www.infirmiers.com/votre-carriere/cadre/cooperations- interprofessionnelles.html.

39 -  Jovic L. Recherche et pratique clinique à l'ère de l'évaluation des pratiques professionnelles. Soins 2007 ; 718 : 53-55.

40 -  Ibid p 55. 21. Ibid

Publications

Réanimation des patients âgés

les résultats de l’essai

ICECUB 2

Des équipes de l’AP-HP, de l’Inserm et de l’UPMC ont cherché à évaluer si l’admission systématique en réanimation de patients âgés présentant une défaillance grave à partir des services d’urgence se traduisait par une réduction de la mortalité à long terme avec une préservation de leur qualité de vie.

L’essai randomisé ICECUB 2, promu par l’AP-HP et mené chez 3000 patients dans 24 hôpitaux en France a été mis en place. Bien que les résultats de cet essai ne montrent pas de bénéfice d’une admission systématique et que les résultats nécessitent des études complémentaires, les auteurs s’accordent sur la nécessité, pour la personne âgée gravement malade, d’une évaluation approfondie du rapport bénéfice/risque de l'admission en réanimation.

Les résultats de cette première étude interventionnelle, réalisée grâce une collaboration forte entre plusieurs disciplines (urgence, réanimation, gériatrie), sont publiés dans la revue JAMA et ont été présentés au congrès européen de réanimation à Vienne le 27 septembre 2017.

 

Effect of Systematic Intensive Care Unit Triage on Long-term Mortality Among Critically Ill Elderly Patients in France

A Randomized Clinical Trial

Bertrand Guidet,Guillaume Leblanc,Tabassome Simon, et al
 
JAMA. 2017;318(15):1450-1459. doi:10.1001/jama.2017.13889

EfCCNa

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et l'appel à communication

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13 - 16 février 2019

Ljubljana, Slovénie

Oxymag

"Gérer les erreurs et complications" - Septembre 2017

Ce mois-ci, vous retrouverez :

  • Entre transhumanisme et médecines douces, quels soins demain - Brigitte Calmant-Gourdiole 
  • Respecter les droits des patients,protéger les professionnels - Agnès Geantot 
  • Annoncer un dommage lié aux soins au patient - Angélique Dalla Torre
  • « La pratique professionnelle ne tient plus compte de l’être humain et de ses fragilités » - Maud Cote, Angélique Dalla Torre 
  • Commissions de conciliation et d’indemnisation et contentieux anesthésique - Thomas Dessales
  • Le contentieux médico-judiciaire lié à l’anesthésie-réanimation -Myriam Amzal, Auriane Perrin, Francis Bonnet 
  • Machine de perfusion pour la conservation des greffons rénaux - Sophie Marion, Sébastien Prin
  • Exemple de conversation en anglais pour la pose d’un cathéter intraveineux - Émilien Mohsen

Bonne lecture

 

Nouveau DU

"Recherche paramédicale en santé : des concepts au projet"

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